Jean-Claude LUTON – Peintures – Galerie TALBOT
du 6 Janvier au 6 Février 2010
11 rue Guénégaud 75006 PARIS 01 43 26 14 90
du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures
Le chant de la couleur
Il y avait eu les « Mémoires de murs » (dont un triptyque honore la couverture de « Pessoa, le passeur métaphysique »), puis l’étonnante blancheur des « Pêcheurs Lacustres » (voir texte joint), puis une série où le noir luttait avec le blanc, produisant des paysages minimaux comme ceux que suscitent parfois les rêves, trois silhouettes d’arbres, ou la figure hantée d’une maison opaque. Puis je me souviens d’un tableau où le rouge criait, déchirant splendide cœur ouvert.
Aujourd’hui sont pour moi au centre de l’exposition de la Galerie Talbot les tableaux qui y font don très singulièrement de la couleur : éblouissement du rouge, du vert, du bleu, du gris, chaque couleur, paradoxalement obtenue dans son éclat par la superposition de couches successives, y surgit à la fois absolument pure et incomparable à tout autre.
Il ne s’agit pas de monochromes, pas plus que dans le noir-lumière ou « outre-noir » de Soulages, auquel on pense irrésistiblement, parce que le projet de peindre semble se concentrer ici dans la volonté de faire vivre la peinture tout entière dans la couleur, dans une confiance dans les immenses pouvoirs que celle-ci peut receler.
Encore moins s’agit-il des aplats de couleur pure selon Matisse. Car la couleur s’affirme ici rayonnante et unique par ce qu’elle porte en elle qui la compose ou la construit. S’approchant des tableaux, on découvre que le bleu se compose aussi de verts, ou le rouge de jaunes, et l’on comprend qu’il faut un multiple secret et savant de couleurs pour faire surgir une seule couleur absolue.
C’est un travail de peintre encore jamais vu, cet entrelacs impur de couleurs qui produit pour l’œil cette pureté, ou peut-être vaut-il mieux dire cette absoluité lumineuse.
Incrustées dans la couleur, on retrouve - figures semblables à celles qui traversent les contes, et parfois se croisant - la silhouette des trois peupliers de la série noir/blanc, les maisons aveugles, les longues lances-bambous des Pêcheurs lacustres. Apparaissent, signes nouveaux, des taches allongées ou rondes qui dansent sur la couleur, à la façon dont la couleur chez Miro danse.
Ainsi pensée et produite, la couleur possède une sourde charge d’extension : elle excède déjà les dimensions de ses supports et semble dicter à la toile des formats, c’est à dire aussi une respiration, encore plus vastes.
Un peu en retrait, au cœur d’un petit tableau dans lequel la couleur infuse dans le noir, un groupe humain et animal (appartenant à cette bouleversante humanité en marche qui habitait la blancheur de la grande série lacustre) semble s’être rassemblé pour comploter de conduire la peinture vers ce nouveau monde où chantera la couleur.
Se confirme dans ce qui nous est donné à voir ici la grandeur affirmative du travail de Jean-Claude Luton. Qu’il en soit, avec toute mon admiration et affection, remercié.
Judith BALSO – janvier 2010
JC.LUTON vit et travaille à Paris
EXPOSITIONS
2008 Galerie Talbot, Paris
2007 Galerie Artemise, Dinard
2005 Galerie Artemise, Dinard
2004 L'Oréal, Paris
2004 Pomona, Paris
2004 Galerie Artemise, Dinard
2003 Galerie Place Neuve, Vers
2003-2000-1989-1987 M.A.C. 2000,
Grand Palais, Espace Eiffel-Branly, Paris
MANIFESTATIONS DE GROUPE
2008 « Paris-Damas » Institut du Monde Arabe, Paris
2008 Association Florence, Espace Commines, Paris
2008 Galerie Arcima, Place aux Artistes, Paris 5ème et Paris 14 ème
2008 111 des Arts, Paris
2008 Galerie Kir, Oberhausen, Allemagne
2008 Salon de Mai Espace Commines, Paris
2006 Galerie Guillet Arcane 17. Paris
2006 Galerie Art Passion, Montpellier
2005 Galerie Artemise, Dinard
2004 Galerie L'Art en Mouvement, Paris
2003 Galerie Place neuve, Vers
2003 2000-1999-1991-1990 C.Culturel Courbevoie
2003 Galerie Huis-Clos, Paris
LIVRES D’ARTISTE
2004 Shumona, poème de L. Ray (Gallimard),
tirage limité à trente exemplaires numérotés
et signés.
2004 Lettres à la femme aimée au sujet de la mort,
poème de J.P Siméon (le Printemps de la Poésie),
tirage limité à 5 exemplaires numérotés et signés.
VENTE DE DROITS DE REPRODUCTION
2007 Editions du Seuil
2001 Plan gouvernemental
2000 Amnesty International
2000 Editions Sandélius



